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Thomas Yayi Boni : embastillement et convictions à géométrie variable

Publié le Mercredi 1 Mai 2019
Thomas Yayi Boni : embastillement et convictions à géométrie variable

Les Béninois n’ont pas vraiment le cœur à la fête, en ce 1er mai. Beaucoup, en effet, suivent de très près la situation qui prévaut à Cotonou, à Cadjèhoun, où la tension monte devant le domicile de l’ancien président Thomas Yayi Boni.

Selon La Nouvelle Tribune, depuis le carrefour de la mosquée Cadjéhoun jusqu’au quartier Bon Pasteur, la rue est prise d’assaut par les partisans de l’ancien président du Bénin. Ils viennent protester contre l’encerclement, par les forces de l'ordre, du domicile de Yayi Boni . Toujours selon la même source, la Police userait en vain des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Les gens continuent d’affluer.

Cette tension intervient dans un contexte électoral catastrophique. L’opposition a été privée d’élections législatives, seules les listes de deux partis soutenant le président Patrice Talon, validées par la commission électorale, étaient appelées à participer aux élections législatives de dimanche dernier. Conséquence : une levée de boucliers indignée des principaux responsables de l’opposition, dont Nicéphore Soglo et Thomas Boni Yayi. Dans leur meeting commun, les deux ex-Chefs de l’Etat ont demandé au président Patrice Talon de tirer toutes les leçons de la faible participation aux élections législatives du 28 avril, et de mettre un terme au processus électoral avant le mardi 30 avril au soir, au plus tard. « Le peuple a infligé à Talon un démenti cinglant, impitoyable. Je voudrais que le président de la République comprenne que s’il ne veut pas écourter son mandat, il est indispensable que l’on ait de vraies élections. La balle est dans son camp. Si Talon continue comme ça, il ne finira pas son mandat », a lancé Nicéphore Soglo.

L’ultimatum n’a certainement pas plu à Patrice, le Talon d’Achille de la démocratie béninoise comme on le surnomme désormais.

Un homme contradictoire

S’achemine-t-on vers un soulèvement populaire au Bénin ? Nul ne le sait. Quoi qu’il en soit, Thomas Yayi Boni a marqué des points. Il apparaît aux yeux des milliers de Béninois, comme finalement « plus démocrate » que son successeur. Problème : il soutient, hors des frontières béninoises, un pourfendeur de la démocratie en la personne de Denis Sassou-Nguesso. Il n’est certes pas interdit d’avoir pour ami l’homme d’Oyo et des coups d’Etat militaires ! Mais s’afficher avec cet anti-valeur peut poser un double problème éthique et moral : quelle crédibilité a-t-on de se battre ici pour la démocratie et de combattre ailleurs la même démocratie ?

Aux yeux des Congolais qui luttent contre la pire des dictatures que connaît l’Afrique centrale, Thomas Yayi Boni apparaîtra toujours comme celui qui ne soutient pas la démocratie au Congo. Une contradiction qu’il n’est pas prêt d’effacer. Et pour cause : « On ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens. » (Cardinal de Retz) Les intérêts ou enjeux sont trop énormes… N’est-il pas le lien entre le Congo, en quête de souffle pour son économie complètement à terre, et certains pays arabes ?

Entrecongolais.com  

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