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RIP : entre vermine et cadavres putréfiés, faut bien nettoyer

Publié le Samedi 1 Décembre 2018
RIP : entre vermine et cadavres putréfiés, faut bien nettoyer

THRILLER BD – Quand ton job est le pire que ce que l’humanité a pu inventer, le mieux est encore de le faire consciencieusement. Détrousseur de cadavre ne paye plus son homme. En revanche, nettoyeur de maison post-mortem, ça permet de survivre...

Ils sont une petite équipe – 5 gus – à être chargée par une société de débarrasser une maison, quand on y retrouve un cadavre. La scène n’est pas forcément criminelle : un suicide par pendaison, un shot qui tourne à l’overdose ou une mère et son fils paraplégiques, oubliés de tous, morts et pourris sur place.
Derrick et ses collègues interviennent alors pour vider les lieux : ils mettent les mains là où personne ne voudrait fiche le pied. Interdiction de chaparder : c’est la taule directement. L’équipe peut récupérer le tout-venant, ce qui n’a pas de valeur. De toute manière, les employés sont fouillés à chaque fin d’intervention. 
Vivre entre les insectes, les vers et les mouches, toute la vermine qui a été attirée par les chairs en putréfaction, ou fraîchement mortes, et qui s’est installée par habitude. Métier de rêve, à l’exception de tous les autres. Pour Derrick, qui enfant adorait les insectes, et voulait être vétérinaire, y’a eu comme un raté. 
Alors si l’occasion de changer de vie et plaquer sa blonde peroxydée pouvait se présenter...
RIP. Resquiescat In Pace. C’est le pire que l’on peut espérer pour les cadavres qui jonchent la BD. À accompagner ces nettoyeurs, cerclés de larves et de mort, on en attraperait la nausée. Il paraît qu’au premier cadavre un peu passé dont on renifle l’odeur, impossible de ne pas vomir. Pour cette BD, mieux vaudra avoir les tripes un peu accrochées.
Impeccable dans sa narration, l’histoire vue depuis le personnage de Derrick est étouffante, oppressante : pas de but, pas de finalité dans l’existence : traverser la vie, du moins pire possible. Parfaitement rendue, cette ambiance de désolation, proche du néant existentiel, est servie par un dessin tellement approprié. 
Grotesques, presque difformes, les nettoyeurs forment une équipe de bras cassés de la première heure. Tout tournera autour du vol d’une bague, et la solidarité entre ces fouilles-merdes laissées par les morts se changera en suspicion, violence et défiance. 
Premier tome, RIP ouvre la voie à une splendide série, versant largement dans un doux sordide. On adore. 

Florent D. Libraire invité de ActuaLitté.

Gaet’s et Monier – RIP, Tome 1 Je ne survivrai pas à la mort ; Derrick – Petit à petit – 9791095670568 – 16,90 € 
 

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