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Rentrée littéraire : « La plus secrète mémoire des hommes » de Mbougar Sarr, en lice pour le « Prix Goncourt 2021 »

Publié le Mardi 7 Septembre 2021
Rentrée littéraire : « La plus secrète mémoire des hommes » de Mbougar Sarr, en lice pour le « Prix Goncourt 2021 »

Une montagne littéraire ! Un monstre de beauté ! La plus secrète mémoire des hommes (Editions Philippe Rey) du Franco-Sénégalais Mohamed Mbougar Sarr n’a pas laissé indifférent le jury du Prix Goncourt.

Dès l'incipit, le ton est donné, et on sait de quoi il va s’agir : « D'un écrivain et de son œuvre, on peut au moins savoir ceci : l'un et l'autre marchent ensemble dans le labyrinthe le plus parfait qu'on puisse imaginer, une longue route circulaire, où leur destination se confond avec leur origine : la solitude. » On l’aura compris, il est question de littérature dans ce roman. En 2018, un jeune écrivain sénégalais (peut-être le portrait de l’auteur lui-même), Diégane Latyr Faye, tombe sur Le labyrinthe de l’inhumain, un grand livre dont l’auteur, disparu, avait été surnommé de « Rimbaud nègre » en 1938. C’est alors que Diégane se lance dans une sorte d’odyssée à la recherche de ce mystérieux T.C. Elimane, du Sénégal à la France en passant par l’Argentine...
Pout tout dire, La plus secrète mémoire des hommes est une ode à la littérature, la grande littérature. Style époustouflant avec parfois des phrases amples où prévaut la subordination, avec plusieurs niveaux de langue, une poésie, ce livre fera date. « La discussion s'est enfoncée dans la nuit, âpre, passionnée, sans concessions. Je me suis dit qu'un monde où on pouvait encore débattre ainsi d'un livre jusque tard n'était pas si perdu, même si j'avais bien conscience de ce que des personnes discutant de littérature toute une soirée avaient de profondément comique, vain, ridicule, peut être même irresponsable. Des conflits faisaient rage, la planète étouffait, des meurt-de-faim et des assoiffés crevaient, des orphelins contemplaient le cadavre de leurs parents ; il y avait tout le peuple des vies minuscules, des microbes, des rats, le peuple de l'égout promis à l'éternité pestilentielle de canalisations immondes et bouchées ; il y avait le réel ; il y avait tout cet océan de merde dehors, et nous, écrivains africains dont le continent nageait dedans, nous parlions du Labyrinthe de l'inhumanité au lieu de nous battre concrètement pour l'en sortir. »

Il semble que 2021 soit l’année du Sénégal, puisqu’un autre Sénégalais, David Diop est en lice pour le prix Goncourt avec La porte du voyage sans retour, paru aux éditions du Seuil

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