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Rentrée littéraire 2019 : « Retrouvailles » de Moyila Ngonda, une ode à l’amour et à… la Rumba

Publié le Jeudi 22 Août 2019
Rentrée littéraire 2019 : « Retrouvailles » de Moyila Ngonda, une ode à l’amour et à… la Rumba

L’intellectuel et diplomate congolais, féru de lettres, publie en cette rentrée littéraire un roman d’un rythme effréné.

Il est connu pour ses Essais volumineux sur les rapports de l’homme avec « Dieu et à la possession de tous les principes divins ». En 2015, il publiait « L'exotérisme et l'ésotérisme » ; un an auparavant il avait pondu « Voies et Moyens de la connaissance universelle de Dieu » aux Editions Dagan, un Essai dans lequel Moyila Ngonda estimait que sans « construction de soi ou maîtrise de soi  », la connaissance de Dieu est impossible. C’est en effet par un effort permanent sur soi que l’homme s’approprie les fragments du pouvoir divin.

Cette année, changement de registre ! Le ministre plénipotentiaire et Chargé d’Affaires de la RDC (République démocratique du Congo) à Ryad, revient avec un roman sur l’amour et… la Rumba. Une façon de dire que, dans la société congolaise, l’un ne va pas sans l’autre. Mais l’histoire d’amour n’est qu’un prétexte. La véritable intrigue concerne les gesticulations et l’opportunisme des hommes  politiques. En témoigne, la vie du père de la narratrice. « De temps en temps, quand il se retrouvait seul, Mogba ressentait une sorte de remords au fond de lui. C’est vrai qu’il récoltait les fruits de ses prises de position contre la démocratie. Mais ce qui l’inquiétait au plus haut point, c’est l’après transition. Se ferait-il élire lors des élections véritablement libres et démocratiques ? Politicien « par ordonnance » aujourd’hui, comment le resterait-il demain, puisqu’il n’est pas connu, ni dans la ville ni dans sa province? Il ne le deviendrait surtout pas par les votes des milliers de téléspectateurs et d’auditeurs qui, à cause de ses prises de position, le détestaient à coup sûr. De plus, à toujours entendre les bruits des bottes à l’Est du pays, rien n’était plus certain sur l’avenir du régime dictatorial qu’il défendait désormais. »

Kinshasa, 1991. La capitale du Zaïre vit au rythme de la Conférence nationale souveraine, laquelle sonne le glas du régime de Mobutu, même s’il faudra attendre encore six ans pour qu’il s’éteigne. Les partis politiques abondent. Ceux qui critiquaient le mobutisme hier, l’adoubent aujourd’hui et vice versa. Dans cet embrouillamini politique, ce boucan interminable, la lueur d’espoir vient de l’amour et de la rumba. Insouciante, à l’image de la ville-capitale, Ileridi ne vit que pour les virées nocturnes. « Il était près de vingt-trois heures quand Ileridi soigna les derniers détails de sa toilette. Ainsi parée, elle s’assit sur son lit et attendit en feuilletant une revue de mode. Elle savait qu’elle pouvait sortir sans crainte d’être aperçue. Son père était dans ses escapades nocturnes et elle était convaincue qu’il ne reviendrait qu’aux petites heures du matin, s’il décidait de rentrer au toit familial. Sa mère, ses frères et sœurs, qui dormaient déjà, devraient la savoir plutôt s’être couchée et en train de ronfler ou de rêver. » En quelque sorte, Ileridi apparaît comme une figure allégorique de Kinshasa. Tempo vif,

Retrouvailles constitue une belle immersion dans Kinshasa des années de 1990, une ville qui vit et vibre depuis toujours, une ville dont la caméra de Moyila Ngonda montre les travers mais aussi les beaux sentiments.  

Fonctionnaire au Ministère des Affaires étrangères et ancien diplomate de la République démocratique du Congo auprès des Nations Unies à New York et à Genève, Ministre plénipotentiaire de 2e classe et ancien Chargé d’Affaires à l’Ambassade de la République Démocratique du Congo à Paris, Moyila Ngonda est actuellement Chargé d’Affaires à l’Ambassade de la RDC à Riyad, en Arabie Saoudite. Poète, artiste-peintre, graveur, sculpteur, fondeur d’art et membre de l’Union des Ecrivains Congolais, de l’Association des Artistes Plasticiens Congolais, de l’Association Internationale des Critiques d’Art (section Congo) ainsi que de l’Académie des Marches de Saint-Jean-de-Luz (France), il possède, à son actif, plusieurs expositions d’art (peintures et sculptures), à Kinshasa, New York, Genève, etc.

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