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RDC : Félix Tshisekedi devrait jeter l’éponge

Publié le Jeudi 17 Janvier 2019
RDC : Félix Tshisekedi devrait jeter l’éponge

La mascarade électorale en République Démocratique du Congo a connu un rebondissement cette semaine. Plusieurs médias, en effet, ont démontré, sur la base de documents authentiques de la Ceni et la Cenco, que Martin Fayulu était le véritable vainqueur de la dernière élection présidentielle, faisant de fait Félix Tshisekedi complice de la triche orchestrée par la Kabilie. Dans ces conditions, le président proclamé par une Commission électorale inféodée à une puissante écurie, peut-il tenir ? A priori, sa vraie fausse élection s’apparente à un labyrinthe. Explications.

En acceptant d’être nommé (et non élu) successeur de Joseph Kabila, Félix Tshisekedi a trahi l’héritage politique de son père et que, de toute évidence, il a menti à son propre idéal – si tant est qu’il en est. Non, la fin ne justifie pas les moyens ; non, l’honneur n’est pas le mérite - les claquements de portière, le protocole ou les huissiers, ça se mérite. Aucun doute, le vainqueur proclamé par une Ceni inféodée, de l’élection présidentielle du 30 décembre dernier, n’a pas su distinguer son épaisseur physique de l’épaisseur métaphysique qui caractérisait son père, sous l’ombre de laquelle il a grandi. Le pauvre ! Du fond de son cœur, il doit vivre cette période terriblement.

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On convoquera donc Victor Hugo. Dans son volumineux roman L’homme qui rit, il explique déjà la situation psychologique que traverse ces jours-ci Félix Tshisekedi : « Brusquement transformé en lord, que devait-il faire ? Lacomplication de l’évènement produit la perplexité de l’esprit. C’est ce qui lui étaitarrivé. Le devoir donnant des ordres en sens inverse, le devoir de tous les côtésà la fois, le devoir multiple, et presque contradictoire, il avait eu cet effarement. C’était cet effarement qui l’avait paralysé… »  Oui, à mesure que sa vraie fausse élection est contestée, Félix Tshisekedi devient perplexe. Il ne saurait en être autrement. Et pour cause : il restera dans les annales de l’Histoire comme celui qui a accepté une vraie fausse alternance politique en RDC. Dire qu'il est serein, relèverait du mensonge. Il va mal et personne n'aimerait être à sa place. Comment expliquer le fait qu’il soit, lui, président de la République, et qu’il ne puisse pas disposer de réels pouvoirs ? Il ressemblerait à un président d’un régime parlementaire, c’est-à-dire un président juste pour l’honneur. La réalité du pouvoir, elle, serait entre les mains de ses bienfaiteurs. Incompréhensible ! Dans tout pays qui sort d’une  élection, le président élu emporte toujours la majorité à l’Assemblée nationale. Mais les voix des dirigeants congolais sont impénétrables et la situation ridicule que vit Félix Tshisekedi peut paraître normale.     

Kabila, le sparadrap du capitaine Haddock

Et, à quelques jours de son investiture, l’homme de Limété doit regretter ses accointances avec la Kabilie. Tant la tâche qui l’attend est insurmontable. Jamais il ne pourra placer ses hommes de confiance à des postes-clé, tels la Défense, le Renseignement. « Tshisekedi-fils est comme cet ancien président du Congo-Brazzaville, Joachim Yombi Opangault, dont se moquaient au quotidien ceux qui l’avaient placé à la tête de l’Etat, juste pour le symbole. Souvenez-vous de cette phrase de Florent Ntsiba : « Nous lui donnerons le pouvoir, nous ne lui donnerons pas de fauteuil. » Combien de temps Yombi a-t-il tenu ? Dix-neuf mois », commente un ministre de la Kabilie, sous couvert d’anonymat. Parallèle d’autant plus cruel que Félix Tshisekedi n’occupera pas le Palais présidentiel (dévolu pour l’éternité à… Joseph Kabila) Déjà que la semaine dernière, rapporte le site Politico Cd, il a été empêché de rencontrer son fidèle lieutenant, Jean-Marc Kabund.      En acceptant cette victoire ridicule, Félix Tshisekedi n’apparaît plus comme un enfant de son père biologique, mais comme une création ex matéria de Kabila car c’est ce dernier qui lui aura conféré un semblant de pouvoir politique. D’ailleurs Félix Tshisekedi ne s’y est pas trompé : à peine proclamé vainqueur qu’il s’est empressé de louer Kabila, son géniteur politique.

A y regarder de plus près, Kabila est pour Tshisékedi-fils comme le sparadrap du capitaine Haddock. Un homme qui lui veut du bien comme un sparadrap mais qui à force de lui coller à la peau lui fait plus de mal que de bien. Un ami qui finit par être encombrant.

Que pourrait donc faire Félix Tshisekedi ? Deux options : soit il va assurer une transition limitée et convoquer dans quelques mois de nouvelles élections. Mais l’exercice serait délicat : la Ceni, dans sa volonté de servir la Kabilie, ne changera pas de philosophie. Soit renoncer à sa présidence et ce serait tout à son honneur. Il montrera par là qu’il a de la personnalité et, surtout, qu’il tient à ses idéaux, en dépit de son égarement.  

Bedel Baouna

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