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RCA-Diaspora : Crépin Mboli-Goumba perd son procès contre Maurice Wilfried Sébiro

Publié le Vendredi 14 Juin 2019
RCA-Diaspora : Crépin Mboli-Goumba perd son procès contre Maurice Wilfried Sébiro

L’affaire qui opposait Maurice Wilfried Sebiro, chargé de mission à la Communication de la Présidence de la République et Directeur de publication de Centrafrique Libre, à Crépin Mboli-Goumba, ancien ministre d’Etat aux Travaux publics et à l’Equipement sous Michel Djotodia, a connu son dénouement ce jeudi 12 juin au Tribunal de Grande Instance de Montargis dans le Département du Loiret.

L’ancien ministre et auteur du livre La nation centrafricaine et les récifs avait saisi le tribunal de Montargis le 04 juillet 2018 à la suite d’un article repris par le Site Centrafrique Libre et intitulé : « Crépin Mboli-Goumba, ami des assassins de la Séléka, a-t-il des leçons à donner à Archange Touadéra ? » Dans cette philippique, il est allegué que l’ancien ministre est « un pur produit de la nébuleuse Séléka » (sic) et qu’il « est devenu saoul du pouvoir pour lequel il a juré de reconquérir par tous les moyens grâce aux importantes sommes d’argent qu’il a amassées durant le règne sanguinaire de la Séléka. » (resic) Et de demander : « Après tous les torts qu’il a causés au peuple centrafricain, comment cette vermine peut-elle encore se permettre de s’ériger en porte-flambeau du peuple centrafricain, oubliant l’existence de ces âmes charitables qui étaient présentes sur tout son chemin lors du règne de la Séléka ? » S’estimant diffamé, voire insulté, son honneur et sa dignité atteints, il avait saisi le Tribunal et demandé la somme de 450000 euros en réparation du préjudice subi. Et à verser la somme de 3000 euros au titre de l’article 475-1 du Code de Procédure Pénale.

« Mon client, qui dispose d’une adresse à Montargis, a repris sur son site et diffusé sur Facebook un article qui porterait atteinte à l’honneur ou à la considération de monsieur Crépin Mboli-Goumba, des faits réprimés par l’article 32 Al.1 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse », explique Michel Langa, l’avocat de la défense. Mais, ajoute l’avocat au Barreau de Paris, au-delà du préjudice moral et politique qu’aurait subi le plaignant, le prévenu a versé au dossier plusieurs pièces, dont il résulte qu’une enquête sérieuse avait précédé la publication de l’article incriminé, et que les faits reprochés à l’ancien ministre avaient déjà été l’objet de plusieurs publications par d’autres organes de presse. La bonne foi du prévenu est donc prouvée, il n’y a eu de sa part aucune forme d’animosité personnelle, mais simplement l’exercice normal du droit d’informer, qui plus est, dans un domaine qui concerne la vie politique de la République Centrafricaine. Dans son livre, La nation centrafricaine et les récifs, le plaignant parle du prévenu : «… quand le Président (Faustin archange Touadéra, ndlr) se rendit au cocktail qui était organisé au rez-de-chaussée, et que tout le monde se précipitait littéralement sur lui, je me tenais à bonne distance, devisant tranquillement avec d’autres collègues. Au point où, à haute voix, Wilfried Sébiro, qui deviendra par la suite son chargé de mission à la Communication et l’un de mes plus farouches détracteurs, me demanda de venir parler avec le Président. Ce dernier, qui avait tout suivi, me regardait, tout souriant. » (Page 267)

Le Tribunal de Grande Instance de Montargis a étudié minutieusement le fond de l’affaire. Mais les magistrats ont d’abord lorgné du côté de la forme. Et pour cause : au moment où le plaignant saisit le Tribunal, le délai de prescription en matière de diffamation est déjà passé.

Entrecongolais.com

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