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Maha Lee Cassy « habite poétiquement le monde »

Publié le Vendredi 16 Novembre 2018
Maha Lee Cassy « habite poétiquement le monde »

C’est une constante chez Maha Lee Cassy. Depuis Le Voyage Itératif – Plaidoirie pour mon Pays Natal (Editions Cana 2016) jusqu’à Ce pays sous ma peau (Les Editions Plus 2018) en passant par Poèmes à voyager (Gallimard 2016), sa poésie vous porte et vous emporte. Elle vous transporte au pays de la poésie, mais aussi des aïeux, et il vous le fait savoir avec des mots percutants.

La poésie est le pays natal de Maha Lee Cassy, il y habite, il y vit. "Plein de mérites, mais en poète l'homme habite sur cette terre", écrivait le poète allemand Hölderlin, il y a deux ans. En d’autres termes, il vit le monde en tentant non pas d’humaniser le monde mais de mondialiser l’humain. Ce faisant, la poésie de Maha Lee Cassy ne pousse pas seulement à l'éveil de la conscience critique, elle apparaît aussi comme le résultat d’une dictée du subconscient.  Ainsi, exprime-t-il librement les nombreux messages « de l'inconscient, tout en faisant le vide et en s'imposant un rythme », à la manière d’un surréaliste. Cette expression a pour ultime finalité l'amour de la patrie, comme condition de l'universalisme.

Son dernier recueil, Ce pays sous ma peau, n’échappe donc pas à son fil conducteur habituel. Sous forme de sentences et de métaphores, cette poésie cherche à pénétrer les cœurs des gens sans les bousculer. Tel François-Marie Robert-Dutertre (1815-1898) dans son poème « L’amour du pays » (Si par le sang on remonte aux aïeux/Par tout son être on tient à la patrie/Serait-il donc crime plus odieux/Que de trahir cette terre chérie !...), Maha Lee Cassy chante la terre,  symbole de la double naissance biologique et spirituelle. Extrait : Je l’ai croisé dans la rue : qui ?/Le vent/Il m’a dit : je te ramène les nouvelles fraîches/Du pays natal…  Et ceci : Ce pays si loin si près de nos cœurs/Ô moi/Oh enfance oh innocence/Besoin d’un bras viril pour guide.

Ce double pays natal, on ne saurait le nier, non. Quels que soient les soucis. Peut-on renier ses parents ? La réponse se trouve dans le recueil, à la page 46 : Il m’a dit : même si les seins de la mère/Sont pleins de furoncles/Le bébé ne peut refuser de les téter/Pour extraire le lait nourricier/Et là : soudain tout m’est revenu. Un extrait métaphorique qui nous rappelle qu’il ne sert à rien de bouder la terre nourricière, le pay natal. Ou plutôt sa poésie.

Originaire du Congo-Brazzaville, Maha Lee Cassy vit entre trois continents comme pour mieux vivre sa propre poésie : l’Amérique, l’Europe et l’Afrique. Informaticien de base, Ce pays sous ma peau est son troisième recueil de poèmes. Il a d'abord été publié en version audio avant d'être édité en version papier. « Ce livre audio représente une innovation, le Congo est un pays d’innovateurs. Traditionnellement, la littérature se décline en livre papier. Récemment, avec le développement des nouvelles technologies, nous avons le livre électronique. Les livres audio existent depuis toujours », expliquait-il aux Dépêches de Brazzaville.  

BB

Ce pays sous ma peau de Maha Lee Cassy, Les éditions +, 12 euros

Pour vous procurer le livre, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous

https://www.leseditionsplus.com/cepayssousmapeau

 

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