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Décryptage : Pourquoi la candidature de Mokoko pourrait ne pas être valide

Publié le Mardi 16 Février 2016
Décryptage : Pourquoi la candidature de Mokoko pourrait ne pas être valide

Empêché d’embarquer pour Pointe-Noire où il devait rencontrer ses compatriotes, le Général Jean-Marie Michel Mokoko accumule les humiliations de la part du pouvoir en place. Ce qui laisse à penser que sa candidature sera retoquée par la Cour Constitutionnelle. Décryptage.

« Immonde », « Pathétique », « Barbare », rugit un homme politique congolais pourtant de la majorité présidentielle. Il fait allusion à la mésaventure de Mokoko, ce mardi 16 février, à Maya Maya. En effet, au moment où il s’apprêtait à embarquer pour Pointe-Noire, le candidat à la présidentielle du 20 mars J3M s’est vu refuser l’accès à l’avion. La raison est qu’aucun leader de l’opposition ne doit plus quitter Brazzaville jusqu’à nouvel ordre. Dans ces conditions, comment battre campagne ? Sassou, une fois de plus, se sachant battu d’avance, est déterminé à passer en force, par la non-tenue de l’élection présidentielle. Il prend, alors, le risque de faire sombrer le pays dans le chaos. Comme à l’accoutumée… Et, in fine, apparaître comme celui qui ramène la paix.

La bonne moralité une condition sine qua none d’une candidature

En fait, la rencontre Mokoko-Pontenégrins aurait eu des conséquences néfastes pour le pouvoir dictatorial de Brazzaville : Pointe-Noire constitue une cocotte-minute, Sassou y a déjà été caillassé. Il suffit d’une étincelle ou d’un leader appelant à la ville morte, à l’instar de Kinshasa ce mardi 16 février, pour que le Congo entier s’embrase. « Permettre à Mokoko de tenir un meeting à Pointe-Noire, c’est signer notre arrêt de mort, sachant que cette ville n’attend qu’un homme charismatique », avoue un cacique du PCT.  

D’ores et déjà, les experts et spécialistes de l’Afrique sont convaincus de ce que Mokoko ne sera pas candidat. Et pour cause : la vidéo dans laquelle le Général envisage un coup d’Etat contre Sassou constitue la preuve irréfutable de son manque de moralité. Or la nouvelle loi électorale fait de la bonne moralité une condition sine qua none d’une candidature à l’élection présidentielle. Arlette Nonault-Soudan, cette coquille vide doublée d’une Rastignac en jupon mâtinée de Rubempré, cette « île sonnante » par qui le scandale est arrivé, souffrant d’une ministrite très aigue, portera plainte contre le Général pour diffamation. Aussitôt le tribunal inculpera le Général, ce qui empêchera sa candidature. Du moins c’est la tactique que semble adopter le pouvoir de Brazzaville. Dans cette perspective, une réunion se serait tenue chez le ministre de la Justice, Aimé-Emmanuel Yoka, pour résoudre au plus vite le problème Mokoko. « Il est acquis que, sauf coup de théâtre, Mokoko ne sera pas présent à l’élection présidentielle », estime un expert militaire, spécialiste de l’Afrique centrale, lequel suit attentivement et discrètement la tragédie congolaise. Et d’ajouter : « Mais l’éventualité de sa non-candidature ne profitera pas non plus à Sassou… Il y a un plan B.»

Un sentiment d'impréparation

Quel plan B? Où seront Sassou et Mokoko le 21 mars prochain? Nul ne le sait. Comme dans toute tragédie, le dénouement ne laisse apparaître aucun indice. En tout état de cause, le parcours de J3M, ces derniers mois, aura été un énorme gâchis. Déjà il a raté le train de l’insurrection en octobre dernier; oui, il aurait dû surgir au moment du referendum et prendre la tête de l’insurrection. Rien de tel. Il a préféré une intervention lénifiante sur RFI. Sa communication actuelle est calamiteuse. Ses faits et gestes donnent le sentiment de l’impréparation : comment peut-il annoncer sa candidature depuis Bangui? Pourquoi provoque-t-il Sassou en annonçant dans les médias ses déplacements? Il sait pertinemment que les Services secrets congolais ont braqué leurs caméras sur lui. Comme l’avait fait Gbagbo en son temps, il devrait avoir des Généraux de la rue, c’est-à-dire une équipe qui fait passer les messages discrètement. Et surprendre ainsi la secte PCT et son gourou.

Toutefois, il n’est pas trop tard pour celui qui apparaît non pas comme le Moïse congolais - Moïse n’a pas vu la terre promise -, mais comme le Prométhée du Congo. J3M peut défier le Zeus tout puissant et, dans un acte d’insoumission, lui subtiliser le feu du pouvoir pour le remettre aux Congolais. Qu’il déclenche donc une insurrection, du moins qu’il appelle à la désobéissance civile, et le peuple congolais le suivra! Voilà!

 

Bedel Baouna     

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