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Livre : « Il était une fois les jeux africains » de Jean-Claude GANGA

Publié le Mardi 13 Octobre 2015
Livre : « Il était une fois les jeux africains » de Jean-Claude GANGA

Il est de ces personnalités qu’on ne présente plus. Jean Claude GANGA est de celles-là. Ancien secrétaire général du CSSA (Conseil supérieur du Sport africain) de 1968 à 1980, ancien président de l’ACNOA (Association des Comités Olympiques nationaux d’Afrique de 1986 à 1999, ancien membre du CIO, ancien ministre, il a parcouru le monde entier, côtoyé les grands de ce monde.

En septembre dernier, au moment où son pays natal, le Congo-Brazzaville, fêtait le cinquantième anniversaire des Jeux africains, Jean Claude Ganga a publié un livre d’entretien, "Il était une fois les Jeux africains" (Publibook), un retour sur la genèse des Jeux africains dont il a été, pour ainsi dire, à la fois l’ouvrier et l’artiste. Un livre enrobé d’anecdotes croustillantes qui nous rappellent à chacun, que tout rêve, aussi noble soit-il, n’est pas facile à réaliser ; oui, tracer un chemin nécessite de la patience, du courage et de la volonté... Mais « l’obstacle est matière à actions » (Marc Aurelle). Et c’est avec cette philosophie de vie que Jean Claude Ganga a pu voir naître les Jeux africains, Ses Jeux, si l’on ose dire. A Abidjan, aux Jeux de la Communauté en 1961, le Congo est candidat pour organiser les Jeux futurs. Mais pas tout de suite après la Côte-d’Ivoire, car il y aura d’abord les Jeux de Dakar, baptisés Jeux de l’Amitié », révèle-t-il page 33. Et d’ajouter : « Lorsque la délégation congolaise arrive en avril 1963 à Dakar, la première chose qu’elle fait c’est de rappeler aux participants son désir déjà exprimé à Abidjan d’accueillir les Jeux de 1965. » Jean-Claude Ganga sera à la manœuvre pour étendre les Jeux de l’Amitié (jusque-là seuls étaient concernés les pays francophones indépendants) à l’Afrique anglophone et arabophone. C’est ainsi que, de Jeux de la Communauté (anciennes colonies françaises), puis de l’Amitié (pays francophones africains indépendants), on passa à l’étape des Jeux africains. Ce qui fait dire à Maurice Herzog, conduisant la délégation française à Dakar : « Le Congo a raison. Le temps est venu pour les pays africains d’organiser leurs propres Jeux. » Dans ce livre, on découvre aussi un Jean Claude GANGA humaniste.

Il a en effet lutté à sa manière contre l’Apartheid, cette ségrégation qui sévissait en Afrique du sud. Certes le pays de Madiba faisait partie du CIO et qu’il n’en était pas exclu ! Mais le Congo par la voix de Jean Claude GANGA avait décidé que l’Afrique du sud ne serait pas conviée aux Jeux africains. Et pour cause : le pays pratiquait l’Apartheid jusque dans le Sport. Evidemment, cette exclusion provoqua une levée de boucliers en Europe, surtout dans la presse conservatrice. « C’est tout juste si l’on n’écrivit pas que le Congo-Brazzaville voulait imposer la pratique de l’Apartheid à l’envers dans tous les stades de la planète », commente-t-il. Ce qui lui valut une remarque de Fréderic De Klerk (ancien président de l’Afrique du sud ségrégationniste), au cours d’une réunion où Jean Claude GANGA s’abstint de prendre la parole : «  Je n’ai pas entendu la réponse de monsieur Jean-Claude GANGA. Or, c’est cet homme-là qui, chaque fois que les Blancs d’Afrique du sud jouent au rugby, rétrécit le goal pour les empêcher de marquer un Essai. » Rire dans la salle.

Le livre regorge d’anecdotes truculentes. Au passage, Jean Claude GANGA égratigne son petit-frère Ndalla Graille, alors Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et au Sport, pour avoir annoncé durant les Jeux de Brazzaville qu’un commando de 52 hommes venus du Congo-Kinshasa avait failli faire capoter les Jeux… Un livre à lire!

Bedel Baouna

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