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Congo-B-Tribune : un quatrième mandat serait-il de trop pour Denis Sassou-Nguesso ?

Publié le Jeudi 3 Septembre 2020
Congo-B-Tribune : un quatrième mandat serait-il de trop pour Denis Sassou-Nguesso ?

A l’approche des élections présidentielles de 2021, il m’est apparu nécessaire de faire un point rétrospectif des projets de société de Denis Sassou-Nguesso de 2002, 2009 et 2016, afin de conforter mon opinion sur sa candidature à un quatrième mandat présidentiel. 

2002-2009 : premier mandat présidentiel

Le projet de campagne du candidat Denis Sassou Nguesso, en 2202, s’intitulait La Nouvelle Espérance, dont lui-même avait annoncé le début d’exécution en 2003. Le choix du mot « Espérance » est ici très important dans la sociologie congolaise. Oui, le peuple congolais est un peuple qui a foi dans l’Espérance. Mais, dans la gestion des affaires de la cité, et pour développer son pays, l’Espérance n’a pas sa place, c’est de l’Espoir qu’il faut. L’Espérance relève en effet de la foi et l’Espoir, de l’amélioration du quotidien du peuple. Et, pour que cet espoir soit possible, il faut disposer des moyens financiers suffisants pour amorcer le développement. Or en 2003 - l’année, selon le Président élu, du début d’exécution de son projet -, le Congo est fortement endetté, d’ailleurs c’est à la fin de cette même année qu’il a été déclaré éligible à l’initiative des pays pauvres très endettés (PPTE).  Dès lors, comment un PPTE pouvait-il exécuter le projet de société La Nouvelle Espérance ? En réalité, le seul programme qui a  été exécuté au Congo, c’est celui négocié avec le FMI au premier semestre 2004, qui avait pour objectifs de renforcer le secteur pétrolier et d’amélior le cadre de gestion des finances publiques. Ce faisant, le FMI avait, en décembre 2004, accordé au Congo une facilité de crédit pour réduire la pauvreté et booster la croissance (FRPC), soit quelque 84,4 millions de dollars pour la période 2004-2007. C’est aussi grâce à cette FRPC que le Congo a vu annuler une partie de sa dette extérieure (1679 MDS de dollars), notamment par le Club de Paris, en décembre 2004, et rééchelonner une autre partie (1540 millions de dollars). La France a elle aussi annulé, le 9 juillet 2005, quelque 782 millions d’euros et rééchelonné 943 millions de créances françaises. 

En Mars 2006, le Congo atteignait le point de décision de l’initiative PPTE, ce qui a permis une nouvelle annulation de la dette extérieure, notamment les échéances commerciales, et le rééchelonnement sur une longue période de la dette d’aide publique au développement (APD). Cet octroi du point de décision au Congo a permis aussi la signature d’un deuxième accord bilatéral entre la France et le Congo, en décembre 2006, dont le premier volet a inclus l’annulation immédiate de 65 millions d’euros de dette commerciale française.
Le 8 décembre 2008, Le FMI accorde au Congo un nouvel arrangement de trois ans au titre de la FRPC, ce qui a abouti à la signature d’un accord d’allègement de la dette extérieure avec le Club de Paris, le 11 décembre 2008. Cet accord a permis l’annulation immédiate de 643 millions de dollars US et le rééchelonnement de 119 millions de dollars US. Dans ce même cadre, la France a annulé 388 millions d’euros.
Il est donc FAUX de dire que le premier mandat présidentiel du Président Sassou Nguesso portait sur la Nouvelle Espérance. Ce premier mandat présidentiel a plutôt permis au Congo d’atteindre le point d’achèvement PPTE, et donc de se voir annuler sa dette extérieure. C’est ce que les « caciques » du PCT auraient mieux fait de mettre en avant, au lieu de continuer à ratiociner sur la Nouvelle Espérance.

2009-20016 : deuxième mandat présidentiel
Ce deuxième mandat est porté par un nouveau projet de société, Le Chemin d’avenir,  en d'autres termes on passe de l’espérance à la prospérité pour orienter et stimuler l’action du gouvernement. Toutefois l’espérance reste présente car le mot fait foi au Congo. En effet, dès 2010, un chemin pour un meilleur avenir se dessinait grâce à l’annulation de la dette publique ramenée à 20% du PIB. Tout était donc possible dans ce pays de tous les possibles. Mais on sait comment ce deuxième mandat s’est terminé : de 20% du PIB en 2010, la dette publique a atteint 117% du PIB à la fin 2016, un taux révélé en 2017 par le FMI.
Donc, il est FAUX de dire que le projet de Denis Sassou-Nguesso était un réel Chemin d’avenir. Un chemin de croix, oui ! Les Congolais espéraient la prospérité, ils ont plutôt ramassé les dettes semées par une politique d’emprunts extérieurs IMPRUDENTE.

2016-2021 : troisième mandat présidentiel
Fini de « cheminer » vers l’avenir ! Voici venu le moment de « marcher » vers le développement. C’est le nouveau projet de société du Président-Candidat à l’élection présidentielle de 2016. Un projet qui devait mettre au cœur du développement, « l’homme congolais », un projet qui devait rendre la décentralisation effective, un projet qui devait développer l’économie numérique… Et, surtout, un projet qui devait booster l’emploi des jeunes. Illusion. Chimère.
Conclusion : le quatrième mandat serait de « TROP ».

Verlin Richard

 
 

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