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Congo-B-Présidentielle 2021: en annonçant leur candidature pour 2021, Guy-Brice Parfait Kolélas et Paulin Makaya prennent de cours leurs alliés

Publié le Lundi 18 Février 2019
Congo-B-Présidentielle 2021: en annonçant leur candidature pour 2021, Guy-Brice Parfait Kolélas et Paulin Makaya prennent de cours leurs alliés

Deux leaders de l’opposition, en l’occurrence Guy Brice Parfait Kolélas et Paulin Makaya, viennent d’annoncer leur candidature à l’élection présidentielle prévue dans deux ans. Par cette déclaration, ces deux opposants prennent les autres de court et par conséquent ne laissent aucune chance à l’expression démocratique au sein de cette partie de l’échiquier politique.

Guy Brice Parfait Kolélas, président de l’Union des démocrates humanistes (UDHYUKI), une formation de l’opposition constitutionnelle s’est auto-désigné candidat de son parti à l’élection présidentielle, lors de l’inauguration du deuxième siège de son parti à Brazzaville. Si l’on s’en tient à ses propos, il ne laisse aucune chance au reste des membres de son parti d’exprimer leur ambition de défendre les couleurs de cette formation politique le moment venu. Il semble avoir exclu toute idée des primaires à l’opposition constitutionnelle que dirige Pascal Tsaty Mabiala.

Contrairement à lui, Paulin Makaya qui a fait état de son rêve d’accéder à la magistrature suprême sous le label de son parti, se dit ouvert. Ce dernier peut toutefois apporter son soutien à un autre candidat de l’opposition à laquelle il appartient. Mais là aussi, en sa qualité de président-fondateur, il s’est imposé aux autres membres de sa formation politique. Il n’est certes pas interdit à un citoyen de nourrir et d’exprimer ses ambitions présidentielles. Dans le cadre formel d’un parti ou d’une coalition, chacun est aussi libre d’étaler ses intentions, opinions et vœux. Mais la formule utilisée par le président de l’Union des démocrates humanistes, relève de la pure dictature. Car il ne laisse aucune ouverture aux membres du parti de faire acte de candidature sans s’exposer à des représailles, de la part du président candidat autoproclamé, relève un militant désabusé.

Guy Brice Parfait Kolélas s’élève au rang de candidat naturel de son parti sans consulter la base. Si son emprise et son trafic d’influence font qu’il n’a rien à se reprocher pour prendre en otage l’UDH-YUKI, il ne reste à ses militants qu’un seul rôle, celui d’accompagner le président-fondateur, par courtoisie politique.

Même si Guy Brice Parfait Kolélas ne s’est pas annoncé comme candidat naturel de l’opposition, pour s’imposer notamment à son chef, Pascal Tsaty Mabiala, rien ne présage qu’il ne le ferait pas. La résistance au pouvoir du chef constitutionnel de l’opposition après sa consécration, au motif que cette fonction lui reviendrait, pour avoir été deuxième à la présidentielle peut laisser croire qu’il pourrait être tenté de récidiver. Ce que n’accepteront pas les autres formations de l’opposition constitutionnelle. Si cette hypothèse se réalise, on retombera dans les schémas des échéances antérieures. Le résultat serait à coup sûr, l’élection dès le premier tour du candidat de la majorité.

La dictature des présidents des partis de l’opposition a heurté la conscience des autres coalitions. Dans un communiqué de presse signé le 13 février 2019, le Collectif des partis de l’opposition que dirige Mathias Dzon s’offusque de cette annonce prématurée et unilatérale. Il s’étonne et désapprouve l’empressement avec lequel ces acteurs politiques annoncent leur candidature à la présidentielle de 2021. « Un tel empressement ne peut que surprendre, dans la mesure où les problèmes d’organisation des élections se posent de manière récurrente à chaque échéance et ne trouvent aucune amorce de solution à ce jour », dit le communiqué.

Le CPOC appelle à une plus grande responsabilité des forces politiques et sociales du pays. Le Collectif leur demande de penser d’abord à l’essentiel, question d’obtenir « la refonte totale et consensuelle de la gouvernance électorale », au travers d’un dialogue national inclusif entendu ici comme « cadre approprié d’analyse de la situation de blocage et de définition consensuelle des solutions idoines de sortie durable de la crise », mais aussi « cadre adéquat de définition des conditions d’une élection libre, démocratique, équitable et transparente ». Si un retour en arrière de Paulin Makaya et de Guy Brice Parfait Kolélas n’est pas exclu, on peut se cependant se demander s’ils accepteront les mises en œuvre des fondamentaux démocratiques en passant par les partis ou les groupements des partis pour faire acte de candidature pour les futures échéances électorales. En attendant, tous les ingrédients sont réunis pour « le chacun pour soi ». La guerre des égos n’étant pas encore finie. Bien au contraire, elle se renforce.

Marlène Samba - Le Patriote

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