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Congo-B : le premier ministre Anatole Collinet Makosso est-il interdit de « sommets à l’étranger » ?

Publié le Lundi 20 Décembre 2021
Congo-B : le premier ministre Anatole Collinet Makosso est-il interdit de « sommets  à l’étranger » ?

Pour cause de Covid, Denis Sassou-Ngueso n’a pu se rendre à Istanbul où s’est tenu les 17 et 18 décembre derniers le troisième sommet du partenariat Turquie-Afrique. L'autocrate de Brazzaville a été supplée par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Claude Gakosso. Une sublime incongruité quand on sait que le Congo dispose d’un premier ministre, en la personne d’Anatole Collinet Makosso. Explications.

Ça a été le troisième sommet du genre. La Turquie et ses partenaires africains se sont réunis pendant deux jours à Istanbul, pour tenter d’affermir leurs liens commerciaux et leur coopération militaire. Un sommet coprésidé par l’Union africaine. L’autocrate de Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, friand de ce genre de sommets, y était invité. Patatras ! La Covid a sévi dans son entourage, du moins selon le communiqué de la Présidence de la République daté et signé par le directeur de Cabinet Florent Ntsiba. « En conséquence, la République du Congo est représenté au 3ème Sommet du partenariat Turquie-Afrique, qui se tient actuellement à Istanbul en Turquie,  par le ministre des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger », ajoute le communiqué.

Par ordre protocolaire, c’est le premier ministre qui aurait dû représenter le Congo, comme l’avait fait en son temps feu Clément Mouamba le 31 octobre 2017 à N’Djamena à l’occasion de la session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’État de la CEMAC ou lors de la 74ème Assemblée Générale des Nations Unies le 23 septembre 2019. D’autant que l’agenda de l’actuel premier ministre ne comportait rien de spécial, si ce ne sont « la réunion du Conseil des Ministres, sous la Haute autorité de SEM le Président de la République Denis Sassou-Nguesso, par visio-conférence », le 16 décembre, et un badaudage le vendredi 17 Décembre 2021 à l'hôtel Radisson Blu de Brazzaville, où l'UNICEF a célébré son 75ème anniversaire. Les détenteurs du pouvoir ont-ils voulu le garder à Brazzaville ou est-ce lui-même qui répugne à ce genre de sommets ?

En tout état de cause, quelque chose ne tourne pas rond entre la Présidence et la Primature. « Écoutez, après son voyage chaotique à Paris en août dernier, on a peur que Collinet Makosso n’aille faire ses saluts de Dalaï-lama (ou ses salamalecs) à l’étranger. Vous imaginez Collinet Makosso sur une photo aux côtés des Chefs d’Etat étrangers ? C’est trop d’honneurs pour lui et on a peur qu’il ne les supporte pas », assène cruel un affidé de l’autocrate Sassou, avant d’ajouter : « Qu’il se contente de saluer les gens ici à Brazzaville ou à Pointe-Noire, c’est là le rôle qui lui convient à merveille. »

L’adepte de la Restauration de l’autorité de l'Etat passe ainsi pour un simple figurant. Pitoyable rôle auquel on voudrait le cantonner. Mais Anatole Collinet Makosso n’est pas non plus étranger à son propre drame. Depuis sa nomination à la Primature, il n’existe pas. Pas de discours poignant et percutant. Une communication calamiteuse. L’épaisseur métaphysique semble lui faire défaut et, à priori, il n’est pas prêt d’y remédier. Sans doute la responsabilité lui est trop énorme.  A s’y méprendre, Anatole Collinet Makosso ressemble à L’homme qui rit de Victor Hugo, « brusquement transformé en lord, que devait-il faire ? La complication de l’évènement produit la perplexité de l’esprit. C’est ce qui lui était arrivé. » 

Entrecongolais.com

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