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Congo-B-Jérémy Lissouba : s’en prendre à Clément Mouamba, c’est bien ; à Christel Sassou-Nguesso, c’est mieux

Publié le Mercredi 7 Août 2019
Congo-B-Jérémy Lissouba : s’en prendre à Clément Mouamba, c’est bien ; à Christel Sassou-Nguesso, c’est mieux

Les réseaux sociaux l’encensent, le chérissent. De pestiféré, le député UPADS de Dolisie, Jérémy Lissouba, est devenu en un instant le chouchou des Congolais pour avoir bousculé le premier ministre Clément Mouamba. Décryptage.

Quiconque a suivi, sur Télécongo, Questions orales au Gouvernement avec débat, ce mardi 06 août 2019, ne s’est sans doute pas ennuyé, non. Isidore Mvouba, le président de l’Assemblée nationale, s’est demandé sur la qualité des députés congolais, quand le ministre des Transports, Fidèle Dimou, lui, a administré un cours sur l’étymologie du mot « Laboratoire ». Le fils de son père, Christel Denis Sassou-Nguesso, actualité oblige, était aux abonnés-absents, alors qu’il devait poser deux questions au premier ministre sur l’effectivité du taux de chômage des jeunes et sur la façon dont Clément Mouamba entend y répondre. Qu’à cela ne tienne ! Celui qui est accusé d’avoir… détourné 50 millions de dollars a délégué son collègue pour poser ses questions. Ce qui fut fait ! Non sans mal.    

Puis vient le tour de Jérémy Lissouba, député UPADS de Dolisie, de prendre la parole. S’adressant directement au premier ministre Clément Mouamba, il lui rappelle, comme par défi et/ou par dépit, que « bon nombre de Congolais ne lui font pas confiance ». Une philippique, à n’en point douter. A ce moment-là, règne dans la salle un silence monacal. L’intéressé, lui, reste imperturbable. Il prend des notes et d’aucuns s’attendent à une réplique de sa part. Elle ne viendra jamais. Le ton calme mais dépourvu d’assurance et de fermeté, phrasé fluide, le fils de l’ancien président Pascal Lissouba (1992-1997)  a ensuite reproché au premier ministre de n’annoncer que de « bonnes nouvelles » sans lendemain, évitant « les mauvaises nouvelles ». Où trouver les milliards d’ici à cinq ans pour atteindre les objectifs de développement ? Des questions pertinentes. Mais, peut-être, hors-sujet.

Du pur matalana

C’était la journée des fils de présidents. Si Jérémy Lissouba a égayé les réseaux sociaux par ses questions abstraites, Christel Denis Sassou-Nguesso, lui, a surpris par ses questions concrètes. Les deux fils de… se sont adressés au premier ministre comme s’il y avait eu concertation ou tirs croisés, mais les rejetons de présidents-gangsters n’ont pas eu la même pertinence. Les questions de « Kiki » étaient mieux préparées et renvoyant au concret, que les questions de Jérémy. Cela, les experts qui peuplent les réseaux sociaux ne l’ont pas relevé. Seuls comptent chez eux la bonne diction, l’impertinence, etc.

C’est bien beau de s’en prendre à Clément Mouamba. Mais est-il réellement premier ministre ? Chacun le sait : l’homme au yombo n’existe pas. Clément Mouamba ne dispose d’aucun réel pouvoir. C’est un faire-valoir. Sans plus. Certes il est au pouvoir et il en jouit ! Mais il n’est pas du pouvoir. Le pouvoir appartient à Sassou et à son clan. Le dessein de s’en prendre publiquement à lui relève donc de la mauvaise foi. Jérémy Lissouba sait bien qui sont les grands fossoyeurs du Congo.

L’un de ces bandits a été rattrapé par l’actualité tôt le matin. En venant à la séance de l’Assemblée nationale, ce mardi 06 août, Jérémy Lissouba savait pertinemment que « Kiki » était accusé dans les médias d’avoir détourné 50 millions de dollars. Pourquoi n’a-t-il pas interpellé le ministre de la Justice sur ce nouveau scandale ? Il eût été beaucoup plus percutant et éloquent en évoquant ce pillage des deniers publics. Rien de tel. Il épargne le responsable-mafieux pour s'en prendre à un lampiste-subordonné, comme si ce dernier avait fait la Une des médias occidentaux pour détournement de fonds.

A y regarder de plus près, le matalana de Jérémy Lissouba n’avait pour finalité que de divertir la diaspora congolaise de France, dont une grande partie demeure, intellectuellement et politiquement, au ras des pâquerettes.

Bedel Baouna

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