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Congo-B-investiture : ces fauteuils que Sassou a commandés pour la circonstance

Publié le Vendredi 16 Avril 2021
Congo-B-investiture : ces fauteuils que Sassou a commandés pour la circonstance

L’expert en coups d’Etat Denis Sassou-Nguesso, a inutilement prêté serment ce vendredi 16 avril, un anachronisme, au Palais des Congrès, en présence de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement, tous vautrés dans des fauteuils flambant neufs, commandés pour la circonstance.

Ils étaient là, les uns en costume-cravate ; les autres en boubou, comme pour venir dire « adieu » à l’expert en coups d’Etat. Au dictateur-fossoyeur et manipulateur infatigable. Comme Sassou, beaucoup d’entre eux ont eu des scores surréalistes à des élections truquées.

Il y avait Umaro Sissoko Embalo (Guinée Bissau), Macky Sall (Sénégal), Idriss Deby Itno (Tchad), Félix Tshisekedi (République démocratique du Congo), Alpha Condé (Guinée), Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Faure Gnassingbé (Togo), Nana Akufo-Addo (Ghana) Obiang Nguema (Guinée Equatoriale) Faustin Archange Touadera (Centrafrique), Joao Lourenço (Angola), George Weah (Liberia), Mohamed Bazoum (Niger), Mohamed Ould El-Ghazaouani (Mauritanie), Hage Geingob (Namibie), Sahle-Work Zewde (Ethiopie), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso), Evariste Ndayishimiye (Burundi), Bah N'Daw (Mali), etc.

Jamais Sassou n’avait réussi à mobiliser autant d’homologues, même sur les sujets sérieux. Pour un exploit, c’en est un. Sans doute a-t-il pressenti que cette investiture s’apparentait plus à un chant du cygne qu'à un début. Aussi a-t-il tout mis en oeuvre pour éteindre la bouderie et la débandade. Alors il fallait faire plaisir à ceux qui sont venus lui dire aurevoir : les installer dans des fauteuils avec deux accoudoirs, à dossier en médaillon recouverts d’un lumineux tissu bordeaux. Des joyaux d’ébénisterie. Des fauteuils dont l’artisan est venu d’Europe, parce qu’au Congo il est quasiment acquis qu’il n’en n’existe pas.

Si on se balade sur Google, on découvre qu’un fauteuil de ce genre coûte à partir de 1800 euros. Multipliez cette somme (encore que le prix exact n'est pas connu) par 30, vous arrivez facilement à une somme énorme pour un pays en faillite. Mais l'artisan, lui, ne fait que son travail. « Un tel marché ne peut être confié qu’à un artisan de préférence français et il était spécialement venu pour ça », commente un fin connaisseur présent dans la salle du Palais des Congrès. Et d’ajouter : « Tous ces fauteuils sont neufs et commandés depuis longtemps, comme si celui qui a prêté serment savait depuis longtemps qu’il recevrait pour cet événement un nombre important de chefs d’Etat. »

Ce gâchis faramineux s’explique par l’obsession du putschiste Sassou d’entretenir ses réseaux français. « En confiant ce marché à un artisan français, beaucoup y gagnent et ça donne du boulot aux membres du réseau. Bonjour aussi la surfacturation », explique un observateur avisé de la vie politique congolaise.

Il est évident que pour cette investiture inutile, des milliards ont été dépensés pendant que les gens restent sans salaires ni pensions de retraite. Sans oublier les bourses estudiantines. Une investiture pour un énième mandat dont on sait qu’il n’a qu’un seul enjeu majeur, celui de mettre Christel Sassou-Nguesso dit Kiki sur orbite. Sassou lui a tellement tout permis en pillant la Cotrad et la SNPC qu’il ne peut renoncer à l’idée de lui transmettre le maillet. C’est tout ce à quoi le père et le fils aspirent.

Ce faisant, ils chérissent le faste en recevant les autres tripatouilleurs d’Afrique.  « Le faste qui est l'existence de l'homme médiocre. » (Mademoiselle de Sommery)

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