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Congo-B : Inès INGANI démise, toujours pas de « Gouvernement de guerre »

Publié le Mercredi 18 Septembre 2019
Congo-B : Inès INGANI démise, toujours pas de « Gouvernement de guerre »

La révocation de la ministre en charge de la Femme, Inès Nefer Ingani, ne continue pas seulement d’alimenter les débats à Brazzaville, mais elle vient faire une grosse ombre sur le fameux "gouvernement de guerre" annoncé par le Premier ministre Clément Mouamba et toujours attendu par les Congolais. Le chef de l’Etat a-t-il choisi de régler le problème au cas par cas ?

De mémoire récente de la politique du Congo, jamais un ministre n’avait été viré seul du gouvernement, fut-il par décret présidentiel. C’est toujours lors d’un remaniement ou d’un réaménagement que les ministres indésirés voire démissionnaires quittent l’équipe gouvernementale. Le cas Ingani fera longtemps école, et rejoindra dans les tréfonds de l’histoire politique du Congo les décrets pris par le président Fulbert Youlou.

Autant l’opinion pourrait comprendre l’exacerbation du chef de l’Etat et de son Premier ministre qui ont signé le décret renvoyant la ministre de la Promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement, autant une série de questions restent sans réponse à cette question. Pourquoi n’avoir pas profiter de cet incident pour enfin publier le fameux gouvernement de guerre promis par Clément Mouamba.

Actuellement, Brazzaville accueille la première mission du Fonds monétaire international (FMI), venue pour évaluer l’application des 48 mesures imposées par l’institution financière internationale. Le renouveau dans l’équipe gouvernementale constituerait forcément, lors de ces discussions, un atout majeur pour le Congo qui attend un deuxième versement du FMI en décembre prochain, si l’évaluation de fin novembre s’avérait concluante.

D’autres chantiers méritent un coup de fouet pour redémarrer la machine. Le cas des Zones économiques spéciales, un secteur porteur et ciblé par de nombreux investisseurs dont les Chinois qui disposent du cash. A ce niveau, il faut un véritable capitaine d’industrie, un négociateur féru et un preneur d’initiatives. De même pour les secteurs du Tourisme ou de l’Economie forestière. Même si le chef de l’Etat consentait à renouveler la confiance à ses anciens ministres, il faudrait absolument une nouvelle feuille de route suite à l’accord conclu en juillet dernier avec le FMI. Le tout dans le lancement d’un nouveau gouvernement.

Mais, les signaux envoyés jusque-là par le chef de l’Etat laissent l’opinion perplexe. D’abord, ce séminaire des membres du gouvernement sur l’accord passé avec le FMI. D’anciens ministres qui savent déjà ce qu’il faut faire dans la gestion des affaires publiques, mais dont les résultats sont restés assez mitigés dans la plupart des secteurs et pendant des années. Ce séminaire aurait pu avoir lieu avec une nouvelle équipe gouvernementale, dans le cadre d’une rentrée politique.

Ensuite la révocation de Inès Nefer Ingani aurait pu se faire dans un mouvement de remue-ménage et de toilettage général au sein du gouvernement. Il n’y a jamais eu de décret individuel pour Paul Kaya, par exemple, alors qu’il avait quitté le gouvernement depuis des longs mois avant le remaniement du tout premier gouvernement après la guerre de 1997. Martin Mberi ou Basile Ikouebe auraient pu être affabulés du même décret, ou Claudine Munari et Guy Brice Parfait Kolelas qui s’étaient ouvertement opposés à la démarche du chef de l’Etat d’aller vers une nouvelle constitution. Mais tout cela s’est fait dans le cadre d’un remaniement.

Le cas Ingani serait certainement le plus flagrant si on s’en tient à la conversation téléphonique, citant les noms des autorités du gouvernement et celles de l’opposition, qui s’est retrouvée sur les réseaux sociaux. Mais ce n’est pas l’unique cas. D’autres éléments audio et vidéo, attribués à des personnalités politiques connues n’ont pas encore fait l’objet de sanction même administrative. En promouvant ainsi la discipline dans ses rangs, le chef de l’Etat serait tenté de lever l’option de régler la question du gouvernement de guerre au cas par cas.

Finalement, devrait-on voir dans le départ de la ministre Ingani le prolongement de l’attente du gouvernement de guerre ?

Dina Ngouela - Vox Congo

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