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Congo-B : et si Sassou, 83 ans, n’était pas candidat ?

Publié le Dimanche 17 Janvier 2021
Congo-B : et si Sassou, 83 ans, n’était pas candidat ?

A deux mois du premier tour de l’élection présidentielle, le président-putschiste du Congo, Denis Sassou Nguesso, ne s’est toujours pas prononcé sur sa candidature. Eclairage.

A vos marques !... Prêts ? Partez ! C’est le 21 janvier 2021, soit dans trois jours, que s’ouvre la période de dépôt de dossiers de candidature à l’élection présidentielle du 21 mars prochain. Selon l’arrêté du ministre de l'Intérieur Raymond Zéphyrin Mboulou, paru la semaine écoulée, cette campagne prendra fin le… 07 février 2021. Comme par hasard.

De fait, la classe politique et le gouvernement sont suspendus à la parole de Sassou. Selon son conseiller politique, Juste Désiré Mondélé, par ailleurs secrétaire général du Club 2002 imPur, Denis Sassou Nguesso s’exprimera le 5 février prochain sur l’élection présidentielle, et donc sur sa candidature, rapporte le site Congo Média Time. Le 5 février, une date symbolique pour Sassou : c’est à cette date, il y a plus de 40 ans, qu’il avait décidé de détruire le Congo.

Que va-t-il dire ? Nul ne le sait. Ah si !... On le sait. On sait déjà ce qu’il va dire. Il répondra favorablement à l’appel de ses affidés, de ceux de la secte PCT et de tous les autres pseudo-partis qui l’ont déjà désigné « candidat naturel » de leur conglomérat d’intérêts personnels. Mais d’après les indiscrétions tentaculaires qui jaillissent de tous les coins du Congo, le cœur n’y est pas. Et il en a conscience. Car si en mars 2016 son coup d’Etat participait de l’anachronisme, sa candidature serait davantage chaotique en 2021. Ou plutôt apocalyptique.

Un lion devenu cerf

L’âge avançant - il est né vers 1938 et non en 1943 comme il le dit, d’ailleurs dans son livre Le parler vrai pour l’Afrique il avoue ne pas savoir l’année de sa naissance tout en donnant parfois 1939, parfois 1941 - Sassou n’a plus les moyens de diriger le Congo. Ni de le bâtir (enfin). Il a perdu de sa superbe. De cette flamboyance qui lui permettait d’écrabouiller tout sur son passage. De toute évidence, il ne maîtrise plus rien, il ne contrôle plus rien. En témoigne l’humiliation qu’il a subie sur l’évacuation du Général Jean-Marie Michel Mokoko fin juillet 2020 ! Sassou, en effet, n’avait rien décidé ni de son évacuation, ni du pays d’évacuation. Mokoko lui pose problème, et il n’a pas encore dit son dernier mot.

Isolé, ses réseaux rhizomiques lui ont tourné le dos. Eh oui, 2016 n’est pas 2021. Si la France lui avait donné le feu vert au changement de sa Constitution en 2015, en 2021 en revanche il est vomi de toutes parts. Et cela le fout mal. A vrai dire, l’agitation qui entoure l’éventuelle candidature de Sassou, alimentée par la secte PCT, le Club 2002 imPur et les autres pseudo-partis, certains apposants (et non opposants), ne relève que de l’effervescence du vide. Sans plus. Une agitation que génèrent les « ventriotes », sentant venir la fin… et la faim. Alors, telles « des poules suivant la personne qui leur jette des grains de maïs », ces « ventriotes » font depuis quelques mois « des pieds et des mains pour avoir une place dans le poulailler » du putschiste. Sassou leur a fait miroiter la lune ; il leur a tellement donné les moyens de « bouffer depuis le moment où ils ouvrent l’oeil le matin jusqu’à ce qu’ils se couchent et en rêvent encore la nuit », qu’il ne peut s’arrêter en si bon chemin, malgré lui. Malgré l'âge.

Ces « bouffeurs » feignent d’oublier que Sassou n’est plus qu’un lion édenté. Il n’est plus celui que Dans les obsèques de la lionne de Jean Lafontaine, l’on désigne de « Prince » (v3), « Roi » (v30), « Monarque » (v33) et par une pléiade de possessifs relatifs à la puissance, « sa Province » (v8), « ses Prévôts » (v8), mais de « Chétif hôte des bois » (v33).

En 2021, porter Sassou au pinacle ou croire encore en lui, c’est prendre le risque de miser toute sa fortune au Loto. Au final, zéro mokaté. Le comique de situation, voire le tragique dans tout ça, pour ses affidés aveuglés par leur voracité inégalée, c’est que l’intéressé sait qu’il s’est politiquement éteint. Et qu’il ne pourra rien faire qui puisse les satisfaire. Pourquoi donc maintenir le suspense ? Ah mais c’est vrai, il est important d’éviter une guerre de succession immensément sanglante. Ce faisant, l’ex-Roi Sassou aurait fait sortir du Congo sa progéniture, hormis sa communicante.

Entrecongolais.com   

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