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Congo-B-Dons : au CHU de Brazzaville, le « Matalana » de Belinda Ayessa

Publié le Samedi 23 Mai 2020
Congo-B-Dons : au CHU de Brazzaville, le « Matalana » de Belinda Ayessa

La fille de son père, Belinda Ayessa, s’est livrée à son tour au « matalana » qui a cours au Congo, en cette période de Covid-19.

A vos marques !... Prêts ? Partez ! Le Congo s’est lancé dans un marathon de dons aux populations. Tour à tour on a vu des politiques, avec les foulées des coureurs de fonds, se presser vers les Congolais pour leur porter secours, eux qui ne peuvent subvenir à leurs propres besoins, faute d’emplois. Eux qui ne peuvent accéder aux soins, à l'Education et à la Culture.

Hier vendredi 21 mai, c’était au tour de la fille (une métisse ratée ?) de son père de se prêter au jeu des dons, sans s’essouffler. Elle n’allait quand même pas être en reste, non ! Elle n’est pas n’importe qui, Belinda Ayessa. La directrice du Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza (on se demande à quoi sert ce truc budgétivore) a rendu visite à un cadavre à la renverse, le CHU de Brazzaville, hier vendredi 21 mai. Femme de bon cœur, elle a posé sa Berline noire climatisée au milieu du personnel du Service de psychiatrie (à contrario, la première dame Antoinette Sassou-Nguesso visite souvent son Centre de drépanocytose). « Ici, nous sommes au centre psychiatrique de Brazzaville qui interne des personnes dites malades mentaux », a miaulé Belinda Ayessa, dans un propos d’une vacuité complète.

Dans ses bagages montagneux, des kits sanitaires destinés aux malades mentaux, mais aussi au personnel soignant.  Actualité oblige, elle a évoqué les mesures barrières, seuls moyens de combattre la Covid-19. Du reste, elle a « pensé  aussi à aménager toute une salle de connexion télévisuelle pour permettre à tous d'être au fait de l'actualité ». Une façon, a-t-elle estimé, pour les malades mentaux de « suivre l'évolution et la gestion de la pandémie sur le plan national et international ». Question : "les malades mentaux ont -ils besoin de soins et d'alimentation ou de téléviseurs pour être connectés au reste du monde" ? Peut-être ! Hélas !... La gestion de la pandémie dans les médias congolais ! Pouah ! Etait-elle sûre de ce qu'elle a débité comme ineptie ? Qui, au Congo, sait où se trouvent les malades de la Covid-19 ? Sur Télécongo, il y a plus de clips avec des images d'ailleurs que des images locales. Toutefois, elle n'a eu pas tort d'évoquer le plan international, et pour cause, il faut regarder les chaînes étrangères pour s'imprégner de la manière dont est gérée la Covid-19 en France, aux USA, ou au... Gabon voisin. 

Belinda Ayessa est-elle allée le coeur dépourvu d'arrière-pensées ? Pas vraiment ! Si cette escapade n’était pas la première du genre pour l’inutile directrice du Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza, elle était emprunte de calculs. En témoigne son tee-shirt à l’effigie de Sassou, que ne dissimule pas sa veste bleue. Que fallait-il y comprendre ? Qu’elle a le monopole d’aimer plus que quiconque Sassou ? Les linguistes ont pour habitude de marteler que le vêtement n’a pas uniquement une dimension cognitive, non ! Le « chiffon », quel qu’il soit, est plus que ça : il comporte une réelle valeur performative, c’est-à-dire illocutoire. Si dire c’est faire ; porter c’est aussi faire. Le message de Belinda Ayessa était vierge d'implicite : elle ne vit pas ; elle existe.

Son déplacement n’avait rien d’un acte altruiste ! C’était du Matalana. Pur et simple !  Elle a fait des dons aux malades mentaux pour elle-même.

Julienne Oboura-Mbouala   

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