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Congo-B-Discours sur l’état de la Nation : emballé par la possible venue de Macron à Brazzaville, Sassou ne cite pas le chef de file de l’opposition

Publié le Mardi 29 Novembre 2022
Congo-B-Discours sur l’état de la Nation : emballé par la possible venue de Macron à Brazzaville, Sassou ne cite pas le chef de file de l’opposition

Dans un palimpseste soporifique, d’une vacuité totale, adressé à son Parlement réuni en Congrès ce 28 novembre à Brazzaville, le président-putschiste du Congo, Denis Sassou-Nguesso, est revenu sur son enfumage préféré, la lutte contre la corruption. Mais il a volontairement ( ?) omis de citer l’un de ses moutons de Panurge, pourtant présent dans la salle. Incompréhension. 

C’est une information du site en ligne La Lettre du continent. En mars ou avril 2023, le président français Emmanuel Macron se rendra bien à Libreville à l’occasion du Sommet sur les forêts du Bassin du Congo. Seulement voilà, le président gabonais Ali Bongo ne veut pas de Sassou à ce sommet. « Artisan du "en même temps", le président français Emmanuel Macron souhaite associer d'une façon ou d'une autre le président congolais Denis Sassou Nguesso à ce sommet. Les deux hommes, qui se sont très brièvement croisés à Charm el-Cheikh en Egypte, ont convenu d'en parler de vive voix très prochainement. Le scénario d'une rencontre à l'Elysée dans le courant du mois de décembre ou de janvier est à l'étude. La participation de Sassou au One Planet Summit de Libreville est loin d'être acquise tant ses relations avec Ali Bongo sont exécrables - lointain reliquat du conflit autour de l'héritage d'Edith Lucie Bongo Odimba, la fille du président congolais et dernière épouse d'Omar Bongo. Depuis cette époque, les canaux de communication sont quasi inexistants et les deux présidents se tiennent à bonne distance l'un de l'autre lorsqu'ils se rendent à des sommets régionaux. Outre l'étape gabonaise pour le sommet de Libreville, le programme de la visite d'Emmanuel Macron dans le bassin du Congo n'a pas encore été complètement défini et un éventuel crochet par Brazzaville n'est pas totalement exclu. Une hypothèse qui pourrait être tributaire de la décision de Sassou de participer ou non au One Planet Summit », écrit le site en ligne. C’est sûr que Sassou ne se rendra pas à Libreville pour faire venir Macron à Brazzaville, c'est plus bénéfique sur le plan de la diplomation et de la politique intérieure, lui qu'on dit isolé. Cette idée l’excite tellement que ses pensées sont déjà tournées vers mars ou avril 2023 : pourquoi les jours n’avancent-ils pas comme des fusées ? doit-il se demander. De fait, les « amis » de Brazzaville, ou plutôt certains de ses moutons de Panurge, sont relégués aux oubliettes. Enfin, presque.

Prenons le cas de Pascal Tsaty Mabiala, bombardé chef de file de l’opposition en vertu de la loi 28-2017 du 7 juillet 2017 ! Dans son article 11 du Chapitre III, il est stipulé que « le chef de l’opposition est le premier responsable du parti de l’opposition ayant obtenu le plus grand nombre d’élus à l’Assemblée nationale, après le parti ou le groupement politique majoritaire ». Le patron de l’UPADS avait quasiment rang de ministre avec gardes du corps, Mercedes, protocole, etc. Dans tous ses discours, Sassou ne manquait pas de le citer. Mais alors pourquoi ce lundi 28 novembre, l’homme des masses a-t-il oublié de citer son nom ? « Monsieur le Président du Congrès ; Monsieur le Président du Sénat ; Monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement ; Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement ; Mesdames et messieurs les parlementaires ; Mesdames et messieurs les ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques ; Mes chers compatriotes ; » a-t-il ânonné. Sans un mot pour le chef de file de l’opposition. Ô souffrance ! Que s’est-il passé alors que Sassou avait insisté en 2013 pour que Pascal Tsaty Mabiala devienne le patron du parti de Pascal Lissouba ?

Sans doute Sassou lorgne-t-il désormais ailleurs !... L’UPADS a un membre au gouvernement, après tout. Cet ailleurs, ce ne peut être l’UDH-Yuki qui a le même nombre d’élus à l’Assemblée nationale que l'UPADS, puisque son leader, Guy-Brice Parfait Kolelas, n’est plus de ce monde. Cet ailleurs, ce ne peut être que Paris. Sassou ne jure que par Paris ! Pas par les pseudos hommes politiques congolais, fussent-ils des chefs de file de l’opposition. « En politique, partout ailleurs, s’il y a bien des ennemis, en revanche il n’y a pas d’amis – seulement des alliés. »

Entrecongolais.com   

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