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Congo-B - 63ème anniversaire de la proclamation de la République : le cours sans saveur sur les armoiries d’Anatole Collinet Makosso

Publié le Dimanche 28 Novembre 2021
Congo-B - 63ème anniversaire de la proclamation de la République : le cours sans saveur sur les armoiries d’Anatole Collinet Makosso

Ce 28 novembre 2021, cela fait 63 ans que la République du Congo a été proclamée ( même si l'indépendance ne lui a été accordée que deux ans plus tard). L’occasion pour le premier ministre Anatole Coliinet Makosso de distiller un cours insipide sur les armoiries de la République. Pathétique ! 

Panne d’idées ? Manque d’inspiration ? Quoi qu’il en soit, le discours du premier ministre congolais Anatole Collinet Makosso à l’occasion des 63 ans de la proclamation de la République ne restera pas dans les annales politiques du Congo. Vide, dépourvu de réflexions philosophiques qu’imposait le contexte, on n’y retient rein si ce n’est un rappel des hommes politiques congolais de la première heure et, bien évidemment, de celui du livre de Sassou, «Le manguier, le fleuve et la souris » - comme s’il avait voulu en faire un livre de chevet. «Il est essentiel que nos enfants apprennent ce qu’est la République, ses règles de fonctionnement, les principes démocratiques sur lesquelles elle repose, faute de quoi ils n’auront aucune raison de la respecter », écrit paradoxalement et cyniquement celui qui n’a cessé de la torpiller, la République. Mais cela n'a empêché Anatole Collinet Makosso de reprendre cette citation du démolisseur infatigable du Congo, Sassou, embrayant sur un splendide sous-entendu qui en dit long sur son état d’esprit, voire sur cette panne d’inspiration : « La République doit donc continuer d’être conquise. » Non, Monsieur le premier ministre ! Vous avez tout faux ! Vous êtes vraiment à côté de la plaque ! Conquérir la République, c’est la mettre un jour sous ses pieds. La triturer ou la détruire. Non, on ne conquiert pas la République, on la battit, on l’améliore au fil du temps. Voyez-vous, Monsieur le premier ministre, il eût fallu un message philosophique profond, condamner le tribalisme qui règne au sommet de l’Etat par exemple, penser à la jeunesse qui souffre et à tous ces Congolais qui ont aujourd'hui 63 ans mais qui n'ont jamais goutté aux joies du bulletin de salaire, etc. Parce que, Monsieur le premier ministre, si les indépendantistes que vous avez cités avaient été d'un tribalisme viscéral comme c'est le cas de nombre d'entre vous, le Congo serait morcelé au moment où nous parlons. 

Mais revenons sur votre cours sur les armoiries, comme pour masquer cette panne d’inspiration. « Nos générations doivent la défendre et transmettre ses valeurs aux générations futures. Nous devons à notre place nous batter (Ndlr, on laisse comme paru dans la presse) pour défendre durablement notre communauté et ce qui l’unit. C’est l’occasion pour moi de revenir sur un des symbols dont nous ne parlons pas assez et de faire percevoir à l’ensemble de nos concitoyens et mêmes à nos amis, la portée profonde de nos armoiries. Ces armoiries nous rappellent que notre République est représentée par « Un écu en or traversé par une large bande horizontale ondulée verte, avec un lion, de couleur rouge, la gueule ouverte, et à la langue d’un émail particulier, de couleur verte, autant que sont les griffes, c’est-à-dire de couleur verte. Un lion qui traverse tout l’écu, tenant un flambeau noir, allumé d’un feu rouge. L’écu est supporté par deux éléphants noirs avec des defences en or, mouvant de chaque côté de l’écu et soutenu par un tronc d’arbre de couleur rouge. Dans le cercle d’or de la couronne forestière, il est écrit en lettre rouge : République du Congo et sur listel en or la devise : Unité Travail Progrès », en rouge.

En réalité, au travers de tous ces signes, de toutes ces images, de toutes ces couleurs qu’arborent nos armoiries, en lien avec notre hymne national et notre drapeau, on retrouve la beauté, la richesse et la force de notre pays avec ses ressources, forestières, minières et fauniques qu’il nous faut à tout prix défendre avec courage et exploiter avec intelligence dans l’unité, au prix du travail, pour espérer le progrès de chacun et de tous. Défendre avec force et gérer avec parcimonie, car la République veut dire res publica c’est-à-dire la chose publique. Dès lors, le Congo cesse d’être une res nullus, c’est-à-dire une chose sans maître. Ce qui implique trois choses. D’abord, de la part des gouvernants, un devoir: celui de gérer avec parcimonie et rigueur la chose d’autrui, celle du peuple qui leur a été confiée et de rendre compte au peuple, seul détenteur et propriétaire de la chose. Ensuite, de la part du peuple, un devoir de respect des valeurs de la République, de l’environnement et du bien public. Enfin, de la part des autres Républiques, fussent-elles amies ou sœurs, un devoir de respect et de non-ingérence sous toutes ses formes. La connaissance de ces symboles constitue un motif légitime de fierté et de respect, en ce qu’ils incarnent l’âme de la nation congolaise. Voilà pourquoi, à la faveur de la célébration de cette journée, le pays tout entier se doit d’être habillé aux couleurs de la République. Que chacun de nous, à la maison, dans la voiture et dans les bus, arbore les couleurs de la République. »

Est-ce le discours d'un homme d'Etat ? On tombe des nues. Comment arborer les couleurs de la République, en être fier, quand cette même République est devenue fantôme ? Au moment où il prononçait son discours, le courant s’est évanoui. Heureusement qu’il n’y a plus de stades ! Sinon les supporteurs auraient grondé.

Entrecongolais.com

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