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Thierry Sinda : "Le 14e Printemps des Poètes des Afriques et d' Ailleurs s'annonce riche en rimes"

Publié le Mardi 7 Mars 2017
Thierry Sinda : "Le 14e Printemps des Poètes des Afriques et d' Ailleurs s'annonce riche en rimes"

Le 14e Printemps des Afriques et d'Ailleurs aura lieu à Paris du 11 au 19 mars  Présidée par le poété et universitaire Thierry Sinda ( auteur de Anthologie des poèmes d'amour des Afriques et d'Ailleurs , éditions Orphie) et animée par l'acteur et metteur en scène Moa Abaïd, cette édition a pour thème : « les Afriques en construction ». Par ailleurs, un hommage sera rendu en cette occasion au poète malgache révéré Dox (1913 -1978). Entretien avec Thierry Sinda.

Le 19e  thème national du Printemps des Poètes est « Les Afriques ». Pourquoi ce coix?

Thierry Sjnda: en tant que créateur des Afriques en poésie sur les bors de la Seine, je suis  fier que notre marque de fabrique poétique à savoir le Printemps des Poètes des Afriques et d'Ailleurs soit le temps d'une année transformé en thème national.  En  2011, le Printemps national des Poètes avait pour thème « Les Outremers » ; six ans plus tard, il s'aligne sur notre concept néo-négritudien « des Afriques en poésie » en ayant pour thème « Les Afriques » lequel englobe à la fois le Maghreb, l'Afrique subsaharienne, les Caraïbes et  l'Océan Indien. Comme je l'ai souligné samedi dernier à Rouen,  lors de ma conférence « Littératures engagées   :Négritude et la néo-Négritude  » à la Factorie, maison de la poésie de Normandie, je tire mon chapeau à Jean-Pierre Siméon, le directeur artistique du Printemps national des Poètes, lequel  fait éclater à l'échelle nationale française les découpages anti-géographiques qui balkanisent et réduisent le continent africain à la seule Afrique subsaharienne ; l'Afrique du Nord étant écartée en nouveau continent que l'on désigne exclusivement  avec son nom régionale : Maghreb. On arrive donc à l'ineptie créant les notions anti-géographiques d'Africains et de Maghrébins. Je suis fort heureux que la poésie, dont l'une des fonctions est de prophétiser un monde nouveau, soit en avance sur le politique. D'où notre thème « Les Afriques en construction ».

Le 14e Printemps des Poètes des Afriques et d'Ailleurs est consacré au poète Dox  qui fait partie du patrimoine culturel malgache, mais qui est totalement inconnu en France. Pouvez-vous nous en dire plus ?

TS: Dox n'est pas connu en France pour plusieurs raisons. Primo, il fait partie des auteurs, qui dans les année 1930 à l'époque coloniale, ont prôné la Renaissance malgache en langue malgache. Il s'agit de l'Ecole littéraire Mitady ny very qui s'organisait autour de la grande figure de Jean-Joseph Rabearivelo. Cette école s'opposait à celle de La revue des jeunes de Madagascar réunie autour de la figure de Jacques Rabémananjara, laquelle prônait une Renaissance malgache en langue française. Secondo, il n' a qu'un recueil de poèmes en français Chants Capricorniens, lequel était édité d'abord en auto-édition (comme cela se fait souvent dans les pays d'Afriques où l'on manque cruellement de maisons d'éditions), puis il a été réédité par le Centre culturel français de Tananarive. Mais dans les deux cas on reste dans la sphère francophone locale ; car la diffusion de la culture se fait toujours du Nord vers le Sud et non du Sud vers le Nord. Aujoud'hui, grâce à sa famille, et notamment à sa petite fille Hanitr'Ony qui prédestine à la conduite de L' UPEM-section France (Union des Poètes et Ecrivains Malgaches), Chants capricorniens, qui était épuisé depuis vingt-et-un ans, est réédité à Paris aux éditions Sépia (filiale de l'Harmattan), il est maintenant dans l'espace francophone international, et tout le travail est désormais de le faire connaître en francophonie. Vous contribuez par cette interview à faire connaître Dox, le poète astronome qui est à la recherche de correspondances entre les éléments célestes et terrestres.

Quels sont les autres événements marquants de la 14e édition du festival ?

TS : nous serons les seuls dans toute la France à faire sonner à la fois la langue malgache et le lingala. Il ne suffit pas de crier les Afriques, encore faut-il en avoir un contenu corruscant ! Dès l'ouverture le samedi 11 mars en plein cinquième arrondissement de Paris nous proposons la lecture  de 45 mn : La nuit, les mots de et par Catherine Héroult avec le musicien congolais Christian Bena Toko (de 14h30 à 21h au Foyer des Jeunes Travailleurs : 21, rue Daubenton, Paris 5e). L' hommage à Dox et la présentation de la revue Les Citadelles de Philippe Démeron dédiée aux poètes africains se dérouleront le mercredi 15 mars à 19h30 à la Société des Poètes français (16, rue Monsieur le Prince, Paris 6e). Le vendredi 17 mars, toujours à 19h30  à la Société des Poètes français, Habib Osmani présentera son nouvel ouvrage Abécédaire poétique de l'Algérie colonisée (péfacé par Yamina Benguigui, éditions Marsa) ; on pourra ce même jour entendre Pat et son  tambour Bélé des esclaves de la Martinique. Le samedi 18 mars à 19h 30 je lancerai ma collection de poésie Poètes des Afriques et d'Ailleurs aux éditions Delatour France avec le premier livre Chant du Black Paname d'Henri Moucle (Librairie Tropiques, 63, rue Raymond Losserand, Paris 14e). La clôture  se fera, dimanche 19 mars dès 19h30, après ma communication « littératures engagées : Négritude, néo-Négritude » avec le dîner des poètes au Resto-galerie Bat'un Karé (124, rue du Chemin vert Paris 11e). Programme détaillé : www.neonegritude33.afrikblog.com

Propos recueillis par Bedel Baouna

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